Initiative pour l’Irrigation au Sahel (2iS)

mardi 2 août 2016


Vision : Des solutions d’irrigation diverses adaptées au contexte sahélien sont établies et financées dans un cadre institutionnel renforcé pour permettre le développement d’une agriculture irriguée durable, adaptée au milieu, compétitive et inclusive.

Le Sahel est l’une des régions les plus vulnérables du monde face au climat, dans un contexte de prédominance de son économie par une agriculture dépendante à 97% de la pluviométrie. L’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la faiblesse et l’instabilité des revenus constituent d’importants freins au développement économique et social et résultent en un taux de pauvreté élevé, particulièrement en milieu rural, et en l’accentuation de l’émigration et de l’exode rural, compromettant la stabilité et la sécurité de la région. Cependant, le Sahel dispose d’un fort ensoleillement, de grands bassins fluviaux, d’une ressource en eau abondante en saison des pluies, et très peu exploitée, d’une demande urbaine en forte croissance, d’une structuration grandissante du secteur agricole, des échecs instructifs mais aussi des expériences réussies.

L’initiative pour l’Irrigation au Sahel est une initiative conjointe de six pays du Sahel, coordonnée par le CILSS, appuyée par les organisations économiques régionales (CEDEAO, UEMOA) et soutenue par la Banque Mondiale, pour faire de l’irrigation au Sahel un secteur performant. Elle s’inscrit dans la suite du Forum de Haut niveau de Dakar sur l’Irrigation au Sahel tenu le 31 Octobre 2013, tenu à l’invitation de SEM le Président Macky Sall et de M le Vice-Président de la Banque Mondiale Makhtar Diop, en présence de M le Secrétaire Exécutif du CILSS le Dr Djimé Adoum, des ministres représentant six pays du Sahel – Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad et les partenaires régionaux et internationaux .

Le Forum, après constat des problématiques de développement socioéconomique des sahéliens mais aussi des opportunités existantes, et après réaffirmation de la volonté politique des Etats pour améliorer le secteur de l’irrigation en réponse aux constats de pauvreté et d’insécurité alimentaire, s’est conclu par l’adoption d’une Déclaration par les Gouvernements des six pays et leurs partenaires. La Déclaration appelle à atteindre au Sahel « 1.000.000 d’hectares d’ici 2020 » et de « faire en sorte que tout développement hydro-agricole soit basé sur des politiques et stratégies sectorielles appropriées, intégrées dans une filière et fondées sur une utilisation rationnelle et durable des ressources disponibles »… Voir la Déclaration.

Le CILSS et les Etats avec l’ appui de la Banque Mondiale et de la Fao , ont, dans un processus participatif incluant différents acteurs ( organisations internationales et régionales, coopérations bi et multilatérales, institutions de financement , ONG, Organismes de recherche , organisations de producteurs, consultants, privés….) , mené des réflexions aboutissant à un Cadre stratégique de l’eau agricole au Sahel , susceptible d’orienter la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes régionaux d’irrigation dont l’objectif est d’opérationnaliser la Déclaration.

La vision portée par l’Initiative Irrigation au Sahel –2iS- est ambitieuse. Comment inscrire résolument la question de développement de l’irrigation dans au Sahel dans un cercle vertueux où les leçons apprises permettent d’avancer rapidement vers des superficies plus grandes dans les Etats et plus performantes en peu de temps. Elle stipule que sur la base de la longue expérience des pays du Sahel en matière de maîtrise de l’eau, des solutions d’irrigation diverses adaptées au contexte sahélien peuvent être conçues, établies et financées dans un cadre institutionnel renforcé pour permettre le développement d’une agriculture irriguée durable, adaptée au milieu, compétitive et inclusive. Voir Cadre stratégique.

Approche de mise en œuvre : La mise en œuvre de la vision repose sur : (i) De L’irrigation vers Les irrigations ; (ii) De l’Aménagement vers le Système de Production, (iii) De la Concertation vers l’Engagement de tous les acteurs