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Le pays est pauvre, sec, et a du soleil à ne plus savoir qu’en faire. Pourtant, malgré 40 ans d’expérience en énergie solaire, le Niger continue à utiliser de la bouse de vache et du bois de coupe pour s’éclairer et faire la cuisine.

En ces temps de pétrole inabordable, les énergies renouvelables ne couvrent que moins de 0,5% des besoins de ce gigantesque pays, véritable miroir solaire de 1,2 millions de km2 : d’après des relevés effectués par la NASA américaine entre 1983 et 2005, le Niger est l’un de deux endroits les plus ensoleillés au monde avec en moyenne 6,78 kWh au mètre carré.

La situation est d’autant plus étonnante que dans les années 80, l’Office nigérien de l’énergie solaire (ONERSOL) avait popularisé les chauffe-eau solaires, les séchoirs et les cuisinières solaires, le tout fabriqué localement.

A l’époque, des pompes à eau et des télévisions communautaires fonctionnaient aussi à l’énergie solaire, avec des panneaux photovoltaïques.

Que s’est-il passé ? Tout simplement l’effondrement des cours de l’uranium, dont dépend largement le Niger, troisième producteur mondial.

Du coup les autorités ont coupé les vivres à l’Onersol et abandonné leur rêve solaire. Qui plus est, il fallait continuer à payer les factures de l’électricité achetée au grand voisin du sud, le Nigeria.

"Lorsqu’il s’agit d’investir dans les sciences et techniques, on dit toujours qu’il n’y a pas d’argent, mais ne pas tirer parti du soleil est tout simplement de la bêtise", déplore Albert Wright, un ingénieur de l’Onersol.

Or, depuis quelques années, la situation s’est retournée et l’uranium remplit de nouveau les caisses du Trésor public. Les cours ont en effet plus que décuplé entre 2002 (7 USD la livre) et 2007 (entre 85 et 90 USD).

Pour Michel Clerc, de SOS futur, une Ong française qui lutte pour le "droit à l’énergie", l’énergie solaire est LA solution à l’électrification des zones rurales bien plus qu’une coûteuse installation de lignes et de poteaux pour connecter les villages au réseau national et surtout... pomper l’eau, indispensable à la vie dans ce pays aux trois quarts désertique.

Car au Niger l’or bleu est rare et, selon l’Unicef, 80% des décès des enfants de moins cinq ans sont notamment liés à la consommation d’eau contaminée dans les campagnes.

"Il faut de l’énergie pour pomper car à certains endroits, la nappe phréatique se trouve à près de 1.000 mètres", explique Alzouma Issa, qui fabrique des panneaux solaires à Niamey.

Toutefois, ces équipements restent prohibitifs. A 240 dollars la cuisinière solaire et à 600 dollars la paire de panneaux de 40 watts, peu de Nigériens peuvent se les offrir.

Selon des spécialistes, il faut compter 4.000 euros pour une installation solaire de 500 watts et 30 à 50 millions de FCFA pour équiper un forage équipé en panneaux solaires.

Pour Omar Traoré, un autre fabricant de panneaux solaires, ces coûts élevés sont dus aux taxes douanières de plus de 20% à l’importation.

"Il suffit simplement de les supprimer pour faire baisser substantiellement les prix", affirme-t-il.

Malgré le manne retrouvée de l’uranium, le Niger compte toujours sur les financements extérieurs qui ont déjà permis d’alimenter en énergie solaire des infrastructures vitales à Kananbakaché (centre-sud), une bourgade de 5.000 habitants et Dangona, un village d’environ 3.000 personnes dans l’ouest.

Les Nations unies ont récemment fourni du matériel solaire à Diagourou, une commune de 50.000 habitants dans le sud-ouest.

Dans ces trois localités, les dispensaires et maternités disposent désormais de l’électricité en permanence pour réfrigérer les vaccins et les médicaments, éclairer et ventiler les salles de soins et luxer suprême, avoir de l’eau au robinet.


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